J’ai entendu cette question récemment dans une entrevue de Vanessa Van Edwards au Diary of a CEO :
Vous considérez-vous chanceux ou malchanceux?
Ma réponse est venue immédiatement : chanceuse.
Vanessa Van Edwards utilise cette question pour aller chercher ce qu’elle appelle notre self-narrative, l’histoire qu’on se raconte sur notre propre vie. Ce qui est intéressant, ce n’est pas tellement de répondre « chanceux » ou « malchanceux », mais de comprendre pourquoi on répond ça.
Et il n’y a pas de bonne réponse.
Certaines personnes ont vécu des choses extrêmement difficiles et ne se considèrent pas chanceuses. D’autres ont traversé beaucoup d’épreuves et répondent quand même oui. La question n’est pas là pour déterminer qui voit la vie de la « bonne » façon. Elle permet plutôt de voir ce qui nous vient spontanément à l’esprit quand on regarde notre parcours.
Vanessa parle notamment de gratitude : de notre capacité à remarquer et à apprécier ce qui va bien dans notre vie de tous les jours. Ça m’a fait réfléchir à ma propre réponse.
J’ai passé une partie de ma vie à composer avec la maladie mentale et à en souffrir avant de trouver la bonne médication. J’ai connu les idées noires, les dépressions, les séjours en psychiatrie. J’ai connu des années où je buvais et prenais des benzodiazépines pour m’assommer et essayer de dormir, tellement le sommeil était devenu un enjeu important. Aujourd’hui, ma mère a le cancer.
Pourtant, quand je pense à ma vie, je pense aussi spontanément à tout ce que j’ai.
Mes parents. Mes amis. Mes chiens. Mon indépendance. Ma maison. Un travail qui stimule mon cerveau. Une marche le matin, de la musique, une bonne nuit de sommeil, une journée où je me sens bien.
J’ai aussi appris avec les années à mettre en place des systèmes, des routines et des habitudes pour bâtir un équilibre solide. Et j’ai confiance en moi parce que je me le suis prouvé plusieurs fois.
C’est probablement une partie de l’explication derrière ma réponse. Pas une réponse meilleure qu’une autre, simplement la mienne.
Et c’est ce que j’aime dans cette question : elle paraît banale, mais le « pourquoi » peut en dire beaucoup sur l’histoire qu’on se raconte à propos de notre propre vie.
Alors, vous considérez-vous chanceux ou malchanceux? Et surtout, pourquoi?


