Tout a commencé par un article de journal découpé par ma mère.
Elle fait ça depuis toujours : elle tombe sur quelque chose qui lui fait penser à moi, elle le découpe, elle me le donne. Cette fois-là, c’était une publicité pour Ensobre ta vie — un reset de 21 jours, avec des outils et une communauté de femmes qui voulaient revoir leur relation avec l’alcool. Quand je l’ai lu, ça m’a parlé. Plus que je ne voulais l’admettre.
Il faut dire que les années précédentes, exacerbées par la pandémie, m’avaient beaucoup isolée. Ma consommation de vin avait vraiment augmenté, au point de me causer des problèmes de santé : digestion, inflammation, et un isolement qui se refermait sur lui-même.
La peur au ventre
Avant mon premier reset, en septembre 2021, j’avais la peur au ventre. Une vraie peur : celle de souffrir d’un état de manque. J’avais aussi de gros enjeux de sommeil, et l’alcool, c’était ce qui me permettait de m’endormir. Enlever ça, c’était comme retirer le seul pont que je connaissais vers mes nuits.
Et pourtant, le premier reset s’est bien passé. J’ai tenu mes 21 jours, accompagnée chaque jour par la communauté grâce à l’application Marco Polo. J’ai eu la chance d’être jumelée avec des femmes de mon âge, et on s’est vraiment entraidées pendant ces 21 jours. J’ai rencontré de belles personnes — certaines sont encore mes amies aujourd’hui.
Le détour par la modération
Après le vingt et unième jour, j’ai pris une décision : j’allais tenter la modération. Boire un ou deux soirs par semaine, pas plus. Ça a fonctionné un bout de temps. Mais assez rapidement, ma consommation est revenue exactement là où elle était au départ.
Je n’étais pas fière de moi. Je n’arrivais pas à modérer, et chaque tentative ratée me le confirmait un peu plus. Mais aujourd’hui, je le vois autrement : ce détour n’était pas un échec. C’était l’étape qui m’a appris quelque chose d’essentiel — mon chemin à moi, ce n’était pas la modération.
Le 29 juillet 2022
J’ai repris mon courage à deux mains et je me suis réinscrite pour un nouveau reset de 21 jours, prévu pour le mois d’août 2022. Mais je n’ai pas attendu le premier août. J’ai arrêté quelques jours avant, le 29 juillet 2022.
Cette fois-là, j’étais prête. Je me suis dit : la modération, ça ne fonctionne pas pour moi. Alors j’ai choisi la sobriété complète.
Et je m’y suis donnée à fond. J’ai rencontré un nouveau groupe de femmes, les Phoenix Sisters. Pendant de nombreux mois, on a communiqué ensemble tous les jours. On s’est aidées, on s’est épaulées, sans jugement — des femmes de tous les âges qui vivaient, comme moi, un problème de consommation d’alcool.
Ça m’a énormément aidée. Et surtout, ça m’a sortie de mon isolement.
C’est là que ma vraie histoire commence.
À suivre.

